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Parlons un peu de moi !

Un peu d'orthographe...!
Mon premier rôle...!
Tchantchès "Acteur" !
D'où vient mon nom de "Tchantchès..."?
Mon costume.
Ma personnalité...!
Le coup de tête empoisonné
La Légende.(Jean BOSLY 1956)
Mon petit Musée à Denis

Un peu d'orthographe...!


Léopold Leloup, créateur de Tchantchès.

Chaque pays possède son personnage caractéristique.
Pour Liège, c'est CHANCHET (1ère appellation de TCHANTCHES) Avant d'aller plus loin, il faut savoir qu'avant que l'orthographe wallonne ne soit fixée " Tchantchès " s'écrivait un peu n'importe comment soit avec au début " tch, ch, t'ch " et enfin " et, es, è, èt ou ès ".
Avec toutes les combinaisons possibles.
Quand on fixa l'orthographe on prit pour Tchantchès celle gravée sur son monument crée par Zommers en 1937. Tout Liégeois est incarné dans ce Tchantchès plein de bonhomie, d'audace, de familiarité et de sérieux.
Ce bouffon, ce comique représente l'esprit populaire.



Son premier rôle...!



Le premier rôle de Tchantchès au théâtre est celui de régisseur qui annonce au public le sujet de la pièce, le remercie de son attention et présente le prochain spectacle.
C'est par son intermédiaire que le marionnettiste demandera le silence ou glissera quelques mots pour amuser l'auditoire.
Par la suite Tchantchès devint le messager de Charlemagne. Il était son commissionnaire et son portier.
Le voilà donc se mêlant à l'action de la pièce. Tchantchès est devenu la marionnette la plus cocasse, la plus amusante.
Son parler et sa bonne humeur le distinguaient des autres. Il devint ainsi l'acteur préféré du public.

Tchantchès "Acteur" !


Le dernier à droite
pourrait être à l'origine de Tchantchès

Il faut savoir que dans le temps les théâtres possédaient plusieurs " Tchantchès ". Ce mot désignait en fait tous les personnages du " petit peuple ".
Mais le Tchantchès qui discute avec son public, qui rit avec lui et qui se fait interpeller sans arrêt, a été inventé par Léopold Leloup.
Ce marionnettiste propriétaire du théâtre impérial, voulait attirer dans son petit théâtre de la rue Roture, un public plus aisé.
Il avait remarqué dans le fond de sa salle un groupe régulier de trois ou quatre étudiants en médecine à l'hôpital du vieux Bavière qui se trouvait sur l'actuelle place de l'Yser. Mr Leloup créa, vers 1870, un petit personnage, un auto-portrait, vêtu d'une grand blouse blanche… Ce personnage nommé Tchantchès commença à discuter avec les étudiants présents. Il discutait avec eux, racontait des blagues, des sketches… Les étudiants vinrent de plus en plus nombreux et le prirent en affection.
Tchantchès était né. Les autres théâtres du quartier (il en existait deux autres dans la même rue (le théâtre impérial des grandes marionnettes liégeoises de Mr Bawdin et le théâtre du plaisir de Mr Michel Antoine ) voyant le succès de leur collègue l'imitèrent et c'est comme ça que Tchantchès se propagea dans tous les théâtres de la ville.
Cependant il ne reçut pas partout le même accueil. Dans certains théâtres il ne resta qu'un personnage de second rang, mais dans les autres, il devint une vedette écuyer de Roland, confident de Charlemagne Il intervenait à tout moment.

D'où vient le nom de Tchantchès...?


Ici aussi la polémique gronde… Officiellement le nom de Tchantchès serait un dérivé de François en Wallon… Ou plus exactement une altération enfantine… Mais le pas entre Tchantchès et Françwès est grand… Certains ont pensé que c'est encore une fois CONTI qui aurait donné ce nom au personnage car un Italien c'est un Tchitcho… et de Tchitcho à Tchantchès…
Mais cala semble un peu exagéré, pour ne pas dire tiré par les cheveux. Une autre explication paraît plus vraisemblable et pourtant elle est loin de faire l'unanimité, car elle est politiquement incorrecte ! Je vous la livre tout de même. En fait ce nom viendrait de petit Jean… En Flamand… En effet petit Jean se dit Jantche si on le prononce à la wallonne cela devient D'jantchès… Qui n'est pas loin de Tchantchès… De plus trois éléments viennent appuyer cette hypothèse.

  1. Remettons-nous dans le contexte de l'époque vers 1870. Il y avait énormément de Flamands qui venaient à Liège pour travailler dans notre industrie naissante et dans les mines… De plus n'oublions pas non plus que, au début, Tchantchès est un personnage dont on se moque beaucoup. On raconte même, que dans certains théâtres on payait pour frapper le nez de Tchantchès On riait de lui bien plus qu'avec lui… En fait c'est la première blague sur le petit Flamand

  2. A Aix-la-Chapelle il y a une marionnette appelée Tchansque et qui signifie bien petit Jean…

  3. Dans la joue de nos théâtres, on retrouve toujours un petit Flamand appelé Jefque ou Jantche

Son costume.

Qwand on veût' ne saquî an sarot
Quand on voit quelqu'un en sarrau
On s'dit qui ça n'pout-esse qui vos
On se dit que çà ne peut être que vous
Chal à Lîdje
Ici à Liége
Come si v'sèriz vormint tot seû
Comme si vous étiez vraiment tout seul
A pwerter ç'vîle mousseûre d'adreût
A porter ce vieux vêtement comme il faut
Chal à Lîdje…
Ici à Liége…

En observant Tchantchès, aujourd'hui, il est toujours vêtu d'un sarrau (sarot), d'un pantalon noir ou à carreaux, d'une casquette noire (canote ou calote), d'un foulard rouge à pois blancs noué dans son cou et il porte ses habituels sabots. Cette description correspond au costume traditionnel des ouvriers de la fin du XIXe siècle début XXe. A présent, à Liège, tout homme portant cette tenue est automatiquement appelée Tchantchès.




Voici plusieurs costumes appartenant
à la collection du musée de la vie wallonne.
Vous pouvez remarquer les différences
de tenues.

Cependant le costume n'a pas toujours été comme ça. Au début il était vêtu d'une grande blouse blanche… Mais sa tenue évolua très vite s'adaptant au public présent dans les salles. Dans celles fréquentée par les bourgeois il portait le costume et le chapeau buse, dans celles fréquentées par des ouvriers, il prit le sarrau, et toute une foule de costumes pour ressembler le plus possible à son auditoire. Si le sarrau est le costume le plus connu pour Tchantchès c'est que lors de la décadence des théâtres de marionnettes les rares qui ne fermèrent pas leurs portes sont ceux destinés à une clientèle assez pauvre constituée en grosse partie de petits ouvriers… Les Tchantchès qui ont donc survécu jusqu'à nos jours sont ceux qui portaient le sarrau. De nos jours le Tchantchès des nouvelles salles, des peintures et des sculptures de la deuxième moitié du XXième siècle se sont simplement inspirés de ceux qu'ils avaient vus et connaissaient. Ce phénomène implique que nous ne reconnaissons plus Tchantchès que dans son costume typique d'ouvrier de la fin du XIXième siècle.

Sa personnalité...!




La personnalité de Tchantchès résume bien celle des Liégeois. L'indispensable Tchantchès qu'ils appellent le manant liégeois... Toute la classe populaire est sommairement personnifiée dans ce type frustre et cocasse à la fois, plein de bonhomie et d'audace, tour à tour plaisant et sérieux. " Les spectateurs aiment sa malice, son insolence, la verdeur de son langage, ses satires et son indépendance. Parfois du bon sens et toujours du bon cœur. Bavard et buveur, Tchantchès est le symbole liégeois par excellence. Sur scène, ce n'est souvent qu'un flâneur, s'amusant de farces mais il possède des côtés romanesques car il sait être tendre et passionné. Chez lui, Tchantchès n'a rien à dire ; il préfère jouer au diplomate car Nanesse est une " sacrée bonne femme ". Celle-ci n'aime pas " avoir son homme dans les jambes ". Alors Tchantchès part en compagnie de ses vieux camarades boire quelques pekêts et de tournées en tournées, ils feront le tour de la ville… Tchantchès est aussi un coureur de jupons, il aime la compagnie des femmes. Il n'est pas marié car pour lui
" li marièdje n'est fêt qu'po lès sots… " " Dji vou-t-èsse lîbe, bèure mi plat-cou Rin n'vât l'marièdje di pôrçulinne ; On s'qwite, on s'rîplake, qwand on vout… "
Voici la traduction
" le mariage n'est fait que pour les sots… " " Je veux être libre, boire mon petit coup Rien ne vaut le mariage de porcelaine ; On se quitte, on se remet ensemble, quand on veut… "
Telle est la philosophie de Tchantchès sur le mariage. Sa compagne Nanesse est une femme du peuple, pleine de bon sens, courageuse, sévère mais aimante et pleine de bonté. De temps en temps jalouse car Tchantchès aime plaire et secourir les femmes.

Le coup de tête empoisonné

Tchantchès est aussi célèbre pour sa manière de se battre ! En effet celui-ci, selon la tradition, envois ses adversaires dans l'autre monde grâce à un coup de tête terrible donner en pleine poitrine de son adversaire… Ce coup de bélier est si redoutable qu'on le dit : " empoisonné ". Cette manière de se battre remonte au XIXième siècle. Il y avait, à cette époque, à liège, un championnat de : " soukeu ". Ce sport de combat typiquement liégeois consistait à ce battre en donnant uniquement des coups de têtes pour mettre son adversaire ko le plus vite possible. Les soukeus liégeois jouissaient d'une solide réputation dépassant même nos frontière, à tel point que certains d'entre eux furent appeler pas Napoléon III et intégrés dans ses régiments comme " bélier humain ", capable d'un seul coup de tête de défoncer une porte… Voilà donc pourquoi notre héros ce bat de cette manière et voilà aussi surement pourquoi on dit que les liégeois ont la tête dure…

La Légende.

La légende d'après J.Bossly
Il y a de nombreuses histoires et légendes sur le personnage de Tchantchès, mais la plus célèbre est sans aucun doute celle de Jean BOSSLY écrite en 1956. La voici:
Tchantchès, d'après une tradition locale émaillée de bien naïfs anachronismes, est né à Liège, de façon miraculeuse, le 25 août 760 : il vint au monde entre 2 pavés de la rue roture dans le quartier d'Outremeuse, actuellement " république libre de D'jus d'la Moûse… Les braves gens qui le trouvèrent furent merveilleusement étonné de l'entendre chanter, dès son entrée dans la vie : " Allons la mère Gaspard, encore un verre ! " C'était un bébé joufflu, goulu, riant sans cesse ; toutefois, il boudait à la seule vue de l'eau. Pour le rendre tout à fait aimable, son père adoptif lui faisait sucer un biscuit trempé dans du pèkèt ; il le sevra avec un hareng saure et son pupille en contracta, pour le restant de ses jours, une soif inextinguible. Comme tous ceux qui sont appelés à une grande destinée, Tchantchès connut les déboires de l'existence : à la cérémonie du baptême, la sage-femme lui cogna malencontreusement le nez sur le bord des fonds sacrés tant et si bien que l'appendice nasal du pauvre enfant se mit à s'allonger démesurément et le faciès de l'innocente victime en devint ridicule au point qu'il servit de modèle pour les masques de carnaval. Plus tard, atteint de la rougeole, le bambin fut obligé de prendre de l'eau ferrugineuse : " constant guignard " dans laquelle on avait ajouté des vieux fers pour en augmenter le teneur. Comme il se pinçait le nez pour ne pas goûtter l'eau, il avala malencontreusement un fer à cheval qui lui resta dans le gosier. Dès lors, il ne sut plus tourner la tête que de droite à gauche ; il dut désormais se mettre à plat ventre pour fixer le sol et sur le dos pour regarder en l'air. A cause de son pif cyrénaïque, Tchantchès hésita d'abord à sortir de chez lui ; mais bientôt son instinct de liberté lui fit affronter la foule et il s'offrit à faire St Mâcrawe, c'est à dire à être porté tout barbouillé de noir de suie sur une chaise à porteur soutenue et escortée par tous les gamins du quartier : cet événement mémorable eut lieu la veille de l'Assomption 770. Il connut le grand triomphe et s'aperçut que la laideur, accompagnée d'esprit et bonté d'âme, sait se faire aimer. Depuis ce jour, il fut sacré " Prince de D "jus d'là Moûse ". Un jour en flânant au bord de la Meuse près du pont des Arches, il fit la rencontre de l'évêque Turpin et Roland, le neveu de Charlemagne. Turpin morigénait Roland sur ses déplorables résultats en latin ! Tchantchès avec son impertinence habituelle, intervint dans la conversation et pour mettre d'accord maître et élève, prononça cette sentence profonde : " Oui seigneur chevalier Roland, le latin ne sert à rien du tout, mais c'est très utile quand même…

- Quel est ce manant ? demanda Roland…
- Tchantchès, prince de D'jus d'là, pour vous servir seigneur chevalier
L'évêque Turpin regarda notre ami avec complaisance
- Et bien Tchantchès, je vais te présenter céans au grand empereur, Charlemagne, et tu serviras dorénavant de compagnon à son neveu Roland
Et c'est ainsi que Tchantchès fut introduit à la Cour de Charlemagne. Vint la brillante expédition d'Espagne. L'histoire fourmille d'anecdotes très intéressantes montrant le degré d'intimité que Tchantchès avait avec Charlemagne. C'est ainsi qu'un jour il entra délibérément dans la tente de l'Empereur qui prenait un repas de grand gala et qui lui dit en avalant une bouchée : " que veux-tu, Tchantchès ? Laisse-moi manger mes moules ! " Une autre fois encore il sert de chambellan à l'auguste guerrier - Sire Empereur, l'ambassade du " neûr nègue " Marsil désir vous parler
- A combien sont ils ?
- Il ne sont qu'à qu'un.
- Alors qu'ils entrent tous et que le dernier ferme la porte. Tchantchès ne quittait Charlemagne et Roland ni la nuit ni le jour en toutes circonstances, dans les conseils privés et sur les champs de bataille, toujours il était là pour aider de ses avis judicieux ou de ses terribles coups de tête, car Tchantchès était le champion des soukeus de Liège. (celui qui se bat en donnant des coups de tête dans la poitrine). Voici la façon de combattre de Tchantchès : sans lance, sans épieu, sans épée , pour gonfanon son mouchoir rouge autour du cou, pour bouclier son sarrau bleu, pour heaume sa casquette de soie noire ajustée en un tournemain sur son crâne solide comme un roc. Il crache dans ses mains, empoigne l'adversaire par les deux épaules et pan ! en plein dans le sternum, lui lance un coup de tête qui lui brise les côtes et l'envoie dans un monde meilleur. Nulle cuirasse, si solide soit-elle , ne peut résister à ce marginal bélier : tout homme atteint par Tchantchès est un homme mort, et lui même grâce à son nez bénit est invulnérable. Pendant la bataille de Roncevaux, Roland trop téméraire avait envoyé dormir Tchantchès qui baillait durant le combat et qui, pour sa part avait déjà fracassé les côtes d'au moins trois mille Sarrasins. Ce fut la seule cause du fameux désastre. Quelle fut la douleur du héros liégeois en contemplant avec Charlemagne le corp inerte du preux Roland ! Pour mieux témoigner sa tristesse, il ôta sa casquette et s'arracha des poignées de cheveux (c'était la coutume de l'époque) en prononçant cette homélie funèbre : " Sire Empereur, votre vaillant neveu à reçu sa daye (le coup de grâce) , nous le revengerons ! " Tchantchès accompagna son maître au siège de Saragosse et ce fut lui le tout premier qui franchit les remparts de la ville. De retour à Aix, avec la cour impériale, il assista au châtiment du traitre Ganelon. Ce félon devait être écartelé ! Tchantchès s'y opposa. Il voulut et obtint que le comte infidèle soit noyé dans une cuve d'eau distillée, supplice que notre homme trouvait le seul logique en l'occurrence, parce que, bien souvent, à Liège, il avait " entendu dire : " Lâche, va-t-en, je te renie, à toi l'opprobre et le mépris " ce qu'il comprenait ainsi : " à toi l'eau propre et le mépris ". Tchantchès, malgré les abjurations de l'Empereur, revint dans sa bonne ville de Liège et ne se consola jamais d'avoir dormi pendant la dernière phase de la bataille de Roncevaux. Après une franche ripaille, il mourut de la grippe espagnole et fut enterré à l'endroit même où s'élève son monument place de lYser. Rien n'a pu le terrasser : ni l'amour (il resta célibataire), ni même la vieillesse (il s'éteignit à l'âge de 40 ans !) regretté par toute la population, il est resté le prototype du vrai Liègeois : mauvaise tête, esprit frondeur, grand gosier, ennemi du faste et des cérémonies, farouchement indépendant mais cœur d'or et prompt à s'enflammer pour toutes les nobles causes. Jean BOSLY 1956

"Les News"

1/1/2005
ouverture du site.



N’oubliez pas non plus:

Programme 2016-2017


La veillée des conte proposée par la " maison du conte de Liège-Vervier " tous les 7 de chaque mois à 20h

Le stage pour les enfants à Pâques du 3 au 7 avril

Les stages pour les enfants durant les grandes vacances du 3 au 8 juillet et du 31 juillet au 4 août

réservation au 04 235 94 95 ou 0475 70 10 04

• Notre théâtre sera ouvert aussi tous les mercredis de juillet et août à 15h pourde nouvelles aventures de Tchantchès !


Musée de la marionnette

Le musée a trouvé refuge à côté du théâtre, dansl’ancienne demeure du fontainier de la société desFontaines Roland. Petit musée par la taille, mais granddans nos coeurs, Il est accessible tous les lundi mardijeudi et vendredi de 14h à 17h, mais également surdemande après les spectacles. Prix 1 euro (il estcependant plus prudent de téléphoner avant de seprésenter)

Pour les groupes, des visites guidées avec un petitlever de rideaux sont également possible tous les joursà toutes heures sur réservation. Prix 85 € pour le groupe(maximum 40 personnes)


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